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Un expert critique la “commercialisation” du Chemin de Saint Jacques et la perte des valeurs chrétiennes

Elena Zapponi affirme que “la machine organisationnelle” du Xacobeo laisse que les marcheurs puissent fabriquer leur propre pèlerinage

Saint Jacques, 28 juillet

Elena Zapponi, qui fait des recherches sur la “commercialisation” du Chemin de Saint Jacques, signale que c’est la perte des valeurs chrétiennes ce qui est en train de provoquer, selon elle, une confusion chez les pèlerins qui font la route avec des profonds sentiments religieux.

Dans son travail sur “Les pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle, un baromètre des recompositions des croyances contemporaines” présentée dans le cadre du 30ème Congres du SISR, Zapponi, affirme que le compromis institutionnel de la voie pèlerine et la promotion médiatique de la part de l’Église et de l’Administration Autonomique mettent dans le marché le “produit de Compostelle” comme un “texte ouvert”, susceptible de nombreuses interprétations.

De cette manière, elle affirme que la promotion médiatique laïque du “discours de Compostelle” joue un rôle fondamental et elle rappelle ce qui c’est passé pendant l’Année Sainte de 1999 lorsque on a utilisé le logo du “Pèlerin” pour faire la promotion du Chemin. Elle assure que ce fait reflète une différence entre le discours de l’Église et la logique des agents touristiques de l’Administration Autonomique. “Alors que le Pape Jean Paul II lance un ‘cri plein d’amour’ dans sa visite à Compostelle en 1989, l’industrie touristique met en scène un moderne Mickey Mouse, un symbole qui fait référence à un imaginaire ludique et laïque”.

La flèche jaune

Pour cela, on alerte que le discours médiatique de la “machine organisationnelle du pèlerinage” laisse aux marcheurs la possibilité de fabriquer son propre pèlerinage. Zapponi fait aussi référence à la célèbre flèche jaune qui, depuis les années quatre-vingt-dix, s’est aussi converti en un symbole du chemin. “Les magasins de souvenirs font des affaires et certains marcheurs adoptent le symbole, achètent de pins et des t-shirts avec la flèche jaune” dit-elle lorsqu’elle souligne que ce nouveau symbole substitue traditionnellement l’image de la coquille. “Les pèlerins qui vont à Compostelle et Finisterre se sensibilise avec ce symbole, un signal qui marque la voie du pèlerinage chrétien catholique et qui n’implique pas une autre adhésion identitaire que l’adhésion à la même idée du Chemin”, ajouta-t-elle.

Zapponi souligne aussi l’influence que a le carnet du pèlerin sur le marcheur de “Compostelle”, ce document, ainsi que le minimum de bagages portés, confère un aire de ce qui est “extraordinaire” dans le contexte de la ville. “Comme dans un jeu de rôles, les pèlerins peuvent perdre temporairement les points de référence de leur identité quotidienne car dans le Chemin ils n’ont pas de passeport, carte d’identité ou permis de conduire”, dit-elle lorsqu’elle affirme que la seule chose qui les unis c’est d’arriver à “Compostelle”.

Pèlerinages en Suède

Dans le même groupe de discussion de Zapponi, dédié à la “Redécouverte des pèlerinages”, a participé la suédoise Anna Davidson Bremborg qui a abordé le phénomène des pèlerinages dans son pays, récupérés pendant les dernières années, après avoir été supprimé par le protestantisme en 1544.

De cette manière, souligna-t-elle, sur la base de plusieurs recherches qu’elle a fait elle même, les pèlerins suédois marchent en fonction d’une promesse personnel “qui ne s’identifie pas avec les sentiments religieux”. “Des très rares fois une église ou une chapelle a un pouvoir spécifique ou bien sacré et est considéré comme un endroit miraculeux”, remarque-t-elle par rapport au pèlerinage de Saint Jaques. Pour cela, elle souligne que le pèlerinage en Suède marque des distances dans le contexte traditionnel religieux et que la spiritualité est un phénomène plus interne qu’externe.

Le viking Saint

D’un autre côté, du chercheur norvégien Stein Thue a abordé les similitudes entre le pèlerinage à Trondheim, au nord de la Norvège, en hommage au Saint Olav, et au pèlerinage de Saint Jacques. De cette manière, il a fait noter que Olav s’est embarqué en plusieurs expéditions vikings qui ont été effectués dans les côtes normandes et galiciennes. Dans une de ses expéditions, après avoir attaqué la Galice en 1015, Olav a eu un “appel divin” et est retourné à la Norvège pour fonder une communauté chrétienne, devenant de cette manière le premier roi national de ce pays sous le nom de Olav II Harldsson. 

Le roi est mort, victime de la confabulation des nobles qui n’acceptaient pas la religion catholique, dans la bataille de Stiklestad, considérée comme la “Finisterre” du Chemin du Saint Olav. C’est ainsi que commençait le mythe d’Olav qui a été canonisé en 1164 par le Pape Alexandre III. Pendant tout le moyen âge sa tombe, dans la cathédrale de Trondheim, a été visité par des milliers de pèlerins avec des multiples et différentes promesses, configurant ce qu’on a appelé le Chemin de la Scandinave. Une voie qui a été “connecté” avec le Chemin de Saint Jacques le 24 mai de cette année dans un acte qui s’est célébré dans la cathédrale de Lund, en Suède. 

C’est que le lien entre les deux saints vient de loin. Dans la même cathédral de Trondheim on peut voir une statue de Saint Jacques qui est couverte avec des fleurs tout les 25 juillet. Un peu après, le 29, c’est le tour d’Olav, car c’est son jour à lui. Un rapport qui se remonte au XIIème siècle, à travers d’un reliquaire qui se conserve dans l’église de Heddal et qui est l’emblème de la Confraternité Norvégienne de Saint Jacques.